Régiment de Namur

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Régiment de Namur et 1er bataillon de Namur :

 

Date de formation : le bataillon fut formé le 2 janvier 1793 (Comité militaire de Bruxelles).

Formation :

Mais il fut levé réellement dans la dernière quinzaine du mois de mars 1793[1].

« Lorsque l’on forma le régiment de Namur, il se présenta des volontaires qui furent d’abord refusés pour insuffisance physique, défaut de taille ou d’âge. Leur volonté de servir était telle que l’on finit par les enrôler dans un bataillon spécial. Par mesure d’économie, car on n’attendait pas beaucoup de ces volontaires petits et chétifs, on les habilla avec un drap de rebut de couleur jaunâtre. D’où leur surnom de Canaris, qui fut d’abord plutôt un sobriquet, mais devint un nom glorieux. En effet, les Canaris firent preuve de tant de courage et d’une valeur militaire si grande, que bien vite, d’aucuns se disputaient l’honneur de servir dans ce bataillon d’élite »[2].

Le régiment de Namur était commandé par le colonel Lantremange.

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Historique :

 

1793 :

Après la retraite de Belgique Lantremange écrit :

« Nous fûmes obligés d’évacuer les Pays-Bas, où l’on nous fit courir de ville en ville pour retrouver le reste du régiment, nous l’avons trouvé à Rosy près de Maubeuge, commandé par un nommé Meunier, qui a mis le désordre dans une partie des officiers. Ce Meunier, famé des crimes de lèse-nation, fugitif de prison, espion des Autrichiens, a été mis derechef en prison à Sedan »[3].

Le général Kilmaine adressa en juin 1793, une plainte aux représentants du Peuple près de l’armée des Ardennes :

« Il y a dans cette division deux corps belges dont l’un s’intitule régiment de Namur, ce corps est composé de 190 hommes et d’un très grand nombre d’officiers, la plupart sans brevet authentiques, la conduite de ce corps et surtout celle des officiers est, selon tous les rapports, très incivique. Je crois qu’il serait urgent de faire un arrêté vigoureux pour élaguer de ce corps les officiers suspects… et m’autoriser à en faire l’incorporation dans le bataillon belge que j’ai fait venir de Reims (3e régiment des Belges du colonel d’Olivier »[4].

A la suite de ce rapport, les commissaires de la Convention décidèrent que le régiment de Namur serait licencié et incorporé dans le 3e régiment des Belges, ce qui fut fait le 24 juin. Ce dernier devînt le 28e bataillon de chasseurs à pied de l’armée française, par un arrêté du 23 août 1793.

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Selon Belhomme[5], ce bataillon fut versé le 24 janvier 1794, dans le 5ème bataillon de chasseurs francs du Nord. Ce fait est improbable puisqu’il fut versé à Péronne, en novembre 1793, dans les rangs du 3ème bataillon de tirailleurs belges[6].

D’après Belhomme, il fut versé le 13 février 1794, dans le 1er bataillon de tirailleurs belges. Mais il s’agit probablement d’une erreur, une autre source, le tome 4 de la revue d’histoire moderne, numéro 21 de mai et juin 1929, indique également qu’il fut versé dans le 3ème bataillon de tirailleurs belges.

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Portraits :

 

Jean-Joseph Bertrand, originaire de Liège, né en 1749, lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Jacques Briffoz, originaire de Liège, né en 1756, sous-lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

 

Gérard Brodel, né à Liège en 1759, vétéran de la Révolution liégeoise, quartier-maître trésorier avec le grade de lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

 

Jean-Baptiste Cuvelier, nommé capitaine au régiment de Namur (15 juillet 1793).

Charles-Joseph Dassonleville, né à Hal en 1765, nommé lieutenant (1er novembre 1792), capitaine au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Pierre-Joseph Dehollain, originaire de Cambrai, né en 1770, capitaine au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Joseph Divoy, né à Namur, en 1757, lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Martin Duchesne, lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Laurent Frérelet, Français originaire de Sedan, né en 1771, ancien soldat de la révolution brabançonne, nommé sous-lieutenant  la Légion des Belges et Liégeois (10 octobre 1792), sous-lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Jean-Constant Garnier, né à Lièges, capitaine au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Albert Goubaux, né à Namur en 1771, sous-lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Henri-Joseph Jadot, Luxembourgeois né en 1758, nommé capitaine (3 août 1792), servit ensuite dans le régiment de Namur jusqu’à son licenciement et incorporation dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Henri-Joseph Lantremange, né à Liège en 1736, il servit huit ans au régiment de Cars, il fit trois campagnes, lieutenant dans le régiment liégeois d’Horion, au service de la France (1760), campagne de Hanovre durant la guerre de Sept Ans, réformé (1761), capitaine de canonniers dans les troupes françaises au service des Etats-Généraux de Hollande (1787), proscrit par le Prince-Evêque de Liège et par l’Empereur Habsbourg, il se réfugia à Lille, forma une compagnie à ses frais et placé à l’avant-garde du maréchal de Luckner. Nommé lieutenant-colonel à la Légion belge (1er juillet 1792). Il raconta la prise de Courtrai alors dans le grade de chef de bataillon (18 juin) :

« On me donna l’ordre de faire l’avant-garde de l’armée de Luckner. En attaquant Courtrai, je fis observer à ce général qu’il y avait trois pièces de canon masquées sur le grand chemin. Sur ma demande, le général m’ayant accordé quelques compagnies de renfort, après quelque résistance, je saute sur les batteries autrichiennes, je prends les trois pièces de canon, leurs attelages et les caissons. Le général m’ordonna de remettre les chevaux à son quartier-général pour être vendus au profit de la troupe (mais on n’a jamais reçu une obole). Les canons et les caissons furent conduits à Lille, disons que le capitaine Osten s’attribue également la prise du premier canon enlevé aux Autrichiens à Courtrai ».

Kilmaine écrit en sa faveur suite au licenciement du régiment de Namur :

« Je soussigné, ci-devant général en chef des armées du Nord et des Ardennes, certifie que le citoyen Lantremange, loin d’être compris dans la demande que j’ai faite aux représentants du Peuple à Sedan, pour licencier le régiment dit de Namur, est au contraire celui sur lequel je comptais pour rétablir le bon ordre et la discipline dans ce corps, si la chose avait été possible. Il est certain que le colonel Lantremange a fait tout ce qui dépendait de lui pour y parvenir, il a fait arrêter et mettre en prison plusieurs officiers de ce corps, contre lesquels il y avait de très graves sujets de plaintes, et que l’accusateur public fit mettre en liberté sous prétexte que le corps étant licencié, il n’y avait plus rien à juger, je certifie en outre, qu’ayant fait la guerre dans la ci-devant Champagne et dans la Belgique, avec le citoyen Lantremange, alors lieutenant-colonel, je l’ai toujours vu se conduire comme un brave militaire et un très bon patriote, en foi de quoi je lui ai délivré le présent certificat »[7].

Il fut désigné pour rester dans les cadres et être versé dans le 3e régiment des Belges.

Narcisse Ledoux, né à Namur, en 1771, sous-lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Pierre Misser, né en 1774 à Liège, sous-lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Jacques-Joseph Nagan, né à Liège en 1758, il leva à ses frais une compagnie armée et plusieurs chasseurs au début de la campagne de 1792, il servit au 4e bataillon, nommé capitaine (13 septembre 1792). Il fut envoyé avec quatre compagnies vers le bois à gauche du moulin de Boussu, dans le combat du même nom (4 novembre), où après un combat acharné de trois heures, il réussit à mettre en fuite les Autrichiens et leur fit de nombreux prisonniers. Il eut à cette occasion un cheval tué sous lui. Il servit ensuite dans le régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges.

Adrien Notré, originaire de Courtrai, né en 1759, s’engagea dans les troupes coloniales françaises en 1779, au dépôt de Lorient, il servit aux Indes, lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Paul Rivière, originaire d’Agimont, né en 1770, sous-lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Joseph Robert, originaire de Liège, né en 1768, sous-lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Guillaume Servais, né en 1757, à Namur, lieutenant au régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges (24 juin 1793).

Article de Laurent B. iconographie Laurent Tschirr, Jérôme Croyet

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[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 518.

[2] Site internet des Canaris de Namur groupe historique, transmis par Laurent Tschirr.

[3] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 518.

[4] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 518.

[5] Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tome 3 et 4.

[6] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 742.

[7] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 518.

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