Légion liégeoise

jemappes-6-novembre-1792

Légion liégeoise :

 

Date de formation : formée le 1er mai 1792 par autorisation du maréchal Rochambeau.

 

Formation :

Quelques Liégeois, le 18 décembre 1791, se présentèrent à l’Assemblée constituante pour proposer la formation d’une légion des Liégeois, l’Assemblée fit des promesses, la guerre n’avait pas éclaté et rien ne fut fait. Avec la guerre, la Légion fut finalement levée, il y eut d’abord trois compagnies en avril 1792 :

1ère compagnie, Gilles Godenne,

2e compagnie, Lambert Bailly,

3e compagnie, Laurent Boucher puis Henri Willeaume.

Colonel Fyon, major Nicolas Declaye, capitaines-adjudants Henri-Antoine Jardon et Deny, chirurgien-major Moyse.

 

Historique :

1792 :

Elle traina d’abord une exécrable réputation et se livra à de nombreux désordres, s’illustra par son indiscipline, avant de devenir dans l’action des premiers combats, une solide unité. Au mois d’août, la légion fut renforcée à huit compagnies :

1ère compagnie Godenne, 2e compagnie Jardon, 3e compagnie Bailly, 4e compagnie Closse, 5e compagnie Lepus, 6e compagnie Wilmotte, 7e compagnie Beaudinet, 8e compagnie Chapuis.

Le lieutenant-colonel Declaye fut placé à sa tête, après la nomination de Fyon au grade de général de brigade (septembre), une autre compagnie fut formée : 9e compagnie Prévôt. La Légion liégeoise fit toute la campagne de 1792, à l’armée du Nord. Le 29 juin, le 99e régiment se trouvait à l’avant-garde de l’armée de La Fayette, à Mairieux, lorsqu’ils furent attaqués par les Autrichiens et chassés de la position. L’infanterie du 99e défendit les haies qui bordaient le village, les 3e et 11e régiments de chasseurs à cheval firent une furieuses charge pour refouler les Impériaux qui furent poursuivis au-delà de Bettignies et de Gognies-Cauchies, lançant 83 prisonniers. La Légion liégeoise participa à ce premier combat qui fut son baptême du feu, alors composait de trois compagnies sous le commandement du colonel Fyon[1]. Elle combattit à la bataille de Jemappes (6 novembre), dans les rangs de la division de ce général (14e, 18e et 45e d’infanterie, 1er bataillon de Versailles, 1er bataillon du Loiret, deux compagnies de chasseurs à cheval volontaires de Versailles, Légion liégeoise)[2]. Elle comprenait alors neuf compagnies, Godenne, Bailly, Closse, Jardon, Lepus, Wilmotte, Beaudinet, Chapuis et Prévôt, sur l’aile droite des Français (commandée par le lieutenant-colonel Declaye). Fyon poursuivit un moment les Autrichiens à coups de canon (quatre pièces de 8) alors qu’il s’était avancé vers Hyon et acheva ici la défaite des Impériaux. Elle participa encore au combat de Tirlemont (21 novembre), où le général Fyon, à la tête du 1er régiment de hussards commandé par Nordmann et du 6e régiment de chasseurs à cheval commandé par le lieutenant-colonel d’Hautpoul s’attaqua à une force autrichienne qu’il estima à 4 000 hommes. Elle fut bousculée et abordée à la baïonnette par la Légion liégeoise qui enfonça les Autrichiens et lui tua beaucoup de monde[3]. Elle occupa Liège avec les troupes républicaines (hiver 1792-1793). Elle fut envoyée en Allemagne, passa l’hiver à Mérode près de Düren, entre Cologne et Aix-la-Chapelle, ayant un détachement à Lemerdorf sous le commandement du capitaine Jardon.

1793 :

Après la défaite d’Aldenhoven (1er mars), la Légion se replia sur Liège, mais évacua bientôt la ville et fut rejointe et renforcée par deux compagnies de la Garde nationale de Liège qui prirent les numéros 10 et 11 : 10e compagnie Heusé, 11e compagnie Desfossez. La Légion forma également bientôt les : 12e compagnie Bury et 13e compagnie Mathieu. Declaye et Closse pensèrent alors une nouvelle organisation où la légion devait passer à deux bataillons de neuf compagnies chacun. Declaye fut nommé général de brigade (30 juillet) et quitta son commandement. Le 30 juillet, Elle se trouvait au camp de la Madeleine, avec un effectif de 383 et 180 hommes pour ses deux bataillons[4].

Les 13 compagnies existantes ne formaient toutefois que 400 hommes, survivants de la campagne, qui furent passés en revue à Hanappe près de Lille en avril, puis à nouveau le 28 mai. Pour faire croire à la présence de beaucoup plus d’hommes que n’en comportait la Légion, Closse, Bailly et Jardon (ce dernier ayant pris le commandement de la Légion), divisèrent les hommes restants en deux bataillons de huit compagnies, des quidams et domestiques alignés comme soldats, les contrôles renforcés et falsifiés avec 9 ou 10 absents, autant de tués, un bon nombre de trainards perdus dans la retraite, maintenus comme étant présents. Le commissaire des guerres signa le document de revue, la chose fut finalement dénoncée par Godenne dans une lettre qu’il envoya d’Amiens (22 décembre) au Comité de Salut Public[5].

A la revue du 28 mai, la Légion se trouvait ainsi composée[6] :

Chef de Légion, général de brigade Fyon,

Henri Jardon, colonel, 1er bataillon,

Louis Bailly, 2e lieutenant-colonel, 1er bataillon,

Eustache Dubuisson, adjudant-major, 1er bataillon,

Benin, adjudant, 1er bataillon,

Gilles Godenne, 1er lieutenant-colonel, 2e bataillon,

Henri Closse, 2e lieutenant-colonel, 2e bataillon,

Gilles Stouba, adjudant-major, 2e bataillon,

Bertin, adjudant, 2e bataillon.

1ère bataillon :

1ère compagnie, capitaine Baudinet, lieutenant Lelièvre, sous-lieutenant Deglain, 31 hommes,

2e compagnie, capitaine Lepas, lieutenant Massart, sous-lieutenant Frésart, 31 hommes,

3e compagnie, capitaine Prévôt, lieutenant Detombay, sous-lieutenant Marquet, 23 hommes,

4e compagnie, capitaine Laporte, lieutenant Duchet, sous-lieutenant Collart, 33 hommes,

5e compagnie, capitaine Laruelle, lieutenant Deglain, sous-lieutenant Glandet, 33 hommes,

6e compagnie, capitaine Renardy, lieutenant Lastay, sous-lieutenant Eradel, 21 hommes,

7e compagnie, capitaine Jacob, lieutenant Levoz, sous-lieutenant Piérard, 31 hommes,

8e compagnie, capitaine Bury, lieutenant Hansez, sous-lieutenant Lejeune, 29 hommes.

2e bataillon :

 1ère compagnie, capitaine Wilmotte, lieutenant Guérette, sous-lieutenant Wilmotte, 27 hommes,

2e compagnie, capitaine Hubert Chapuis, lieutenant Jacques Chapuis, sous-lieutenant Henri Chapuis, 32 hommes,

3e compagnie capitaine Moyse, lieutenant Pahan, sous-lieutenant Sacré, 20 hommes,

4e compagnie, capitaine Mathieu, lieutenant Magnès, sous-lieutenant Marlier, 23 hommes,

5e compagnie, capitaine Bertin, lieutenant Germain, sous-lieutenant Derulle, 23 hommes,

6e compagnie, capitaine Piette, lieutenant Germain, sous-lieutenant Ghyot, 29 hommes,

7e compagnie, capitaine Thiry, lieutenant Denoël, sous-lieutenant Laurent, 37 hommes,

8e compagnie, capitaine Desfossez, lieutenant Nahon, sous-lieutenant Gérardy, 27 hommes,

Présents au corps, 388 hommes. A la fin de l’année 1793, la décision ayant été prise d’amalgamer toutes les troupes belges et liégeoises dans 5 bataillons de tirailleurs belges, la Légion liégeoise est versée à Péronne en novembre 1793, dans son ensemble dans le 1er bataillon de tirailleurs belges, commandé par Jardon.

Embrigadement/amalgame :

2e formation :

Le 1er bataillon de tirailleurs belge devint la 30e demi-brigade légère de seconde formation[7].

Portraits :

Lambert-René-Joseph Bailly, originaire de Liège, capitaine à la Légion liégeoise (1792).

Laurent-Joseph Boucher, originaire de Namur, héros de Turnhout durant la révolution brabançonne, s’enrôla à la Légion des Liégeois, capitaine (1792), servit un moment dans la 1ere compagnie franche de Ransonnet.

Nicolas Declaye, né à Liège en 1758, servit dans l’armée d’Ancien régime aux Amériques, quatre campagnes, publia un ouvrage au moment de la Révolution brabançonne, Abrégé de la tactique militaire à l’usage des troupes liégeoises (1790), entra au service des armées françaises de la République (1792), commandant de la Légion liégeoise (1792), commandant de la Légion liégeoise à la bataille de Jemappes sous les ordres de Fyon (6 novembre), général de brigade (30 juillet 1793), général de division (3 mars 1794), commandant de la place militaire de Lyon, placé à la tête d’une division de l’armée des Alpes, mais fut dénoncé et rétrogradé au rang de simple commandant de place de 3e classe (30 juillet 1796).

François Deglain, originaire de Bruxelles, aux gardes du drossart après être passé par l’armée révolutionnaire brabançonne, sergent à la Légion liégeoise (20 septembre 1792), ensuite sous-lieutenant au 1er bataillon.

Jean-Laurent Fressart, ancien soldat dans le régiment français ci-devant de Berwick, servit ensuite à la Légion liégeoise, officier à la 112e demi-brigade.

Jean-Lambert-Joseph Fyon, bourgmestre de Verviers, colonel de la Légion liégeoise, à la tête de l’avant-garde de la division Harville (6 novembre 1792), où il s’illustra à la bataille de Jemappes, général de brigade (1793).

 

Gilles Godenne, originaire de Liège,  capitaine, puis chef de bataillon à la Légion liégeoise (1792).

Jean-Louis Guérette, né à Liège, le 18 mars 1769, il servit à la Légion liégeoise, aide de camp de Jardon (1792-1793).

Henri Jardon, né le 3 février 1768 à Verviers, pays de Liège, cet officier fut d’abord commandant de l’avant-garde des volontaires franchi-montois en 1789. Il passa avec ce grade au service de la France dans la Légion Liégeoise et il fut promu au rang de chef de bataillon. Général de brigade par la suite, il fut envoyé aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse. Il fut réformé (3 mars 1797), puis rappelé à l’activité (1798). Il fut attaché à l’armée d’Helvétie, puis envoyé à l’armée des Côtes en 1805. En 1808, il servait au 8ème corps en Espagne et il fut tué dans une escarmouche, le 25 mars 1809, au Portugal. Il avait été fait commandant de la Légion d’honneur.

Jacques-Hubert Chapuis, originaire de Verviers, capitaine à la Légion liégeoise (août 1792),

Son fils Jean-Jacques Chapuis, également de Verviers, s’engagea avec lui dans la Légion liégeoise était sous-lieutenant (août 1792).

Henri-Joseph Willeaume-Closse originaire de Liège, capitaine de la 3e compagnie, Légion liégeoise (1792).

Article de Laurent B.

sehri

[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 193.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, pages 332 et 333.

[3] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 400.

[4] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 512.

[5] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, pages 137 et 138.

[6] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 142.

[7] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 741.