Légion des tirailleurs nationaux bataves

chasseurs bataves

Bataillon des chasseurs-tirailleurs nationaux Bataves ou Légion des tirailleurs nationaux bataves :

Date de formation : 5 mars 1793.

Formation :

Le 5 mars 1793, une Légion de tirailleurs nationaux bataves fut autorisée à se former sous les ordres du citoyen Makkentos. La Légion n’était en fait constituée que d’un unique bataillon. Les défaites françaises n’avaient pas permis de continuer efficacement le recrutement de nouvelles troupes hollandaises.

Discours de Makenstros à la barre de la Convention en novembre 1792 :

« Citoyens Législateurs ! Je suis né Hollandais, patriote républicain réfugié, naturalisé Français, exerçant le commerce en France. Je dépose sur l’autel de la patrie des épaulettes à dragonnes d’argent qu’ont méritées mes services quand j’ai servi la cause patriote des Bataves, je les destine aux frais de la guerre contre les despotes qui nous ont subjugués dans le temps dont vous vous souvenez, citoyens, que l’ancien gouvernement despotique nous a si lâchement trahis, après les promesses les plus sacrées de venir a notre secours. Si j’avais le bonheur d’en mériter de ma patrie adoptive, à l’exemple de mon digne général Santerre1, je n’en voudrais que de laine (les épaulettes). Nous sommes citoyens, sur le chemin de la gloire : le vœu des Belges et des Liégeois non seulement appelle la fraternité, l’amour de la liberté des Français ; les sentiments patriotiques Bataves soupirent en secret pour se délivrer du joug stadhoudérien. Je suis, citoyens, l’organe de ces vertueux Républicains, je connais leurs désirs; venez à leur secours; que votre générosité brise les liens du despotisme en ce pays; c’est l’entrepôt de l’univers; ils peuvent nous être très utiles par leur marine et leur commerce. Par un dévouement le plus pur et le plus désintéressé, comme j’y étais employé a plusieurs postes qui peuvent vous être utiles dans ce moment, je propose d’en donner tous les indices. Le Stadhouder tremble; les braves républicains bataves nous attendent à bras ouverts; marchons, je mourrai satisfait. Dussé-je mourir, peu m’importe, c’est pour ma patrie naturelle, la patrie que j’ai adoptée, et qui procurera la liberté à tout l’univers. — Makketros, Hollandais, citoyen de la section des Lombards ». Cet ami de la liberté a été vivement applaudi.

Historique :

1793 :

Commandée par Maketroz, elle se mit en route de Saint-Germain, le 8 juin, pour se rendre à Meaux2. Au nombre de 300 à 400 hommes, ils furent envoyés à Tours (28 juillet), en route pour la Vendée3. En août, le ministre de la Guerre prévint le commandant de la place de Tours, que la Légion batave était retardée. Devant l’urgence de la situation le 8 août, il fut demandé au général Beffroy, d’envoyer de toute urgence à Saumur, les chasseurs de la Légion batave. Fin septembre, il passa de Blois à Toulouse, formé d’environ 650 hommes. Mais leur mentalité laissant visiblement à désirer, le ministre de la Guerre écrivit aux représentants en mission près de l’Armée de l’Ouest, que les chasseurs bataves seraient certainement plus utiles dans les Pyrénées qu’en Vendée, en raison du mauvais esprit de leurs officiers. Il fut finalement rapatrié dans le Nord (11 octobre). Il fut versé à Péronne, dans le 2ème bataillon des tirailleurs belges (novembre)4.

1794 :

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

Néant.

2ème formation :

Les chasseurs-tirailleurs entrèrent dans la 13ème demi-brigade légère de seconde formation, qui devint en 1803, le 13ème régiment d’infanterie légère.

Document : transmis par Didier Davin :

« Les différents corps d’infanterie Belges & Liégeois à la solde la République se retrouveront à Péronne le 5 frimaire prochain. Un des représentant du peuple près l’armée du Nord…annoncera à ces corps leur suppression & il en formera aussitôt autant de nouveaux bataillons que le comportera leur nombre, suivant le mode prescrit pour l’organisation des autres bataillons des troupes de la République. Les soldats Bataves qui faisaient partie de la légion supprimée par la loi du 16 présent mois seront incorporés dans ces bataillons… Ces bataillons seront désignés sous le nom de bataillons de tirailleurs »5.

Portrait :

Cet officier fit peut-être partie de cette unité :

Alexis-Joseph Dorville, né à Paris vers 1774, volontaire au 1er bataillon de Paris, puis passa aux canonniers du bataillon de la Halle aux blés (10 mars 1793). Caporal puis sous-lieutenant dans les chasseurs bataves (20 août), lieutenant (1794), il fut tué à Rousselaer, le 10 juin 1794.

chasseurs bataves 1

Article de Didier Davin et Laurent Brayard

sehri

1 Commandant la Garde nationale de Paris.

2 Journal Militaire de 1793, p. 372.

3 Source correspondance militaire guerre de Vendée, SHD B5.

4 Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 742.

5 Décret de la Convention nationale, du 20e jour de brumaire, an second de la République Française, une & indivisible. Paris. Imprimerie Nationale Exécutive du Louvre. An II. In-4 (181 x 235mm) de 4 pages imprimées. Signature manuscrite de Vian ou Viau.‎

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