Génie belge

siege-de-maestricht

Génie belge :

 

Date de formation : 1792

 

Formation :

Le comité militaire de Bruxelles nomma l’ingénieur Fisco, un des membres du comité, au grade de général-major du corps du génie des armées de la République de Belgique, avec charge pour lui de former le corps du génie en question. Fisco travailla à la défense du camp de Douchy, et des environs de Denain, il fortifia le canal de Douai à Lille, et fut chargé d’ouvrages de défense sur la Deule. Après la retraite des Français de Belgique, il revînt à Paris où le Ministre de la Guerre Bouchotte refusa de reconnaître son grade, il fut d’ailleurs emprisonné sous la Terreur et libéré seulement à la chute de Robespierre, le 9 thermidor[1].

 

État-major du corps du génie belge :

Major Ghiesbreght,

Capitaine Paternôtre,

Lieutenants, Paul Beaulieu, Guignard, Raes et Guillaume,

Sous-lieutenants, L. Fisco, Gaine, Wauters, Frin, Lecouturier, Fissier, Desuus, Laute et Lamare.

 

Portraits :

Charles-Antoine Fisco, né à Louvain en 1736, entra au service impérial en qualité de cadet dans le corps du génie des Pays-Bas autrichiens en 1753. Il fit la guerre de Sept Ans, donna sa démission, devînt contrôleur et directeur des travaux publics à Bruxelles, il fit construire sur ses plans la place Saint-Michel, celle du Nouveau Marché aux Grains et la route de Bruxelles à Wavre. Nommé inspecteur des travaux publics à Louvain, il dota sa ville natale de plusieurs édifices, le collège du Faucon, l’établissement des Frascati, parmi d’autres. Il fut un des membres du comité des volontaires qui s’était formé à Bruxelles (6 juin 1787). Les Etats-Unis de Belgique lui offrirent le brevet de général dans l’armée brabançonne, il refusa et servit en fin de compte comme colonel directeur du génie. Il fut emprisonné par le gouvernement autrichien à la suite des plans qu’il avait préparés avec Van der Mersch pour l’organisation d’un corps de génie des insurgés, mais la victoire de Turnhout lui rendit la liberté et il organisa ledit corps. Il servit pendant toute la révolution brabançonne (1790), un des chefs de file du parti vonckiste, il partagea la disgrâce de Van der Mersch, refusa le commandement d’Ostende, fut de nouveau arrêté et emprisonné, puis exilé. Il devînt général du génie de l’armée belge au service de la France (1793), fut incarcéré à Saint-Lazare à Paris (mars 1794) et ne fut libéré que par la chute de Robespierre au 9 Thermidor. Echaudé, il rentra dans la vie privée, s’établit à Louvain où il ne fit plus parler de lui et mourut en 1825.

Jean-Baptiste-Hyppolite Lamare, né à Bruxelles en 1775, entra au service comme sous-lieutenant du génie belge (1er février 1793), lieutenant (1795), capitaine (1796), un cheval blessé sous lui pendant la campagne de Pologne (1807), chef de bataillon (1810), colonel (1811), nommé après avoir héroïquement défendu la place de Badajoz en Espagne, blessé aux deux sièges de Badajoz (1811 et 1812), fut fait prisonnier par les Anglais, l’Empereur fit préparer son évasion d’Angleterre, ce qui réussit, il fit la campagne de Russie, notamment sur la Narew (armée de Gouvion Saint-Cyr), servit à la bataille de Leipzig (16-19 octobre 1813), il fit la campagne de Saxe puis de France comme commandant du génie du 5e corps d’armée (1813 et 1814), colonel du 1er régiment du génie à Waterloo (18 juin 1815), il ramena son unité sur Paris, puis sur les bords de la Loire, et fut licencié à La Rochelle, maréchal de camp (1832), commandeur de la Légion d’honneur, il mourut en 1855.

Henri-Joseph Thuring, originaire de Landrecies, né le 28 octobre 1765, au régiment suisse au service de la France, le ci-devant d’Eptingen. Enfant de troupe au régiment, il y servit jusqu’en 1785, puis passa bas-officier au régiment suisse ci-devant de Castellas, puis au régiment Royal-Liégeois comme quartier-maître trésorier. Il servit comme officier dans la Garde nationale de Dunkerque et de Lille (1er janvier 1790), lieutenant dans une compagnie franche, celle d’Oudart, formée par Arthur Dillon (1792), il passa adjoint à l’Etat-major de l’armée de Belgique (21 novembre), lieutenant-colonel du génie belge, nommé par le comité militaire de Bruxelles (15 décembre), adjudant-général colonel nommé par Dumouriez (2 février 1793), il fut arrêté et compromis au moment de la défection de ce général, passa devant le tribunal révolutionnaire qui le rétrograda au grade de chef bataillon (20 mai 1793), suspendu (12 septembre), mais réintégré pour sa bravoure au combat de la forêt de Mormale, où il avait reçu trois coups de feu, commandant de la place de Ham (18 mars 1794), chef de brigade (13 juin 1795), général de brigade( juillet 1795), mis en retraite en 1801. Un ordre de l’Empereur, daté de Varsovie, le 19 janvier 1807, prescrivait d’arrêter l’ex-général Thuring, pour le conduire à Mayence, prévenu d’avoir des intelligences avec l’ennemi, il ne fut pas retrouvé.

Article de Laurent B.

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[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 563.

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