Compagnie Clemendot et les déserteurs autrichiens

L'interrogatoire des prisonniers autrichiens

Compagnie franche de Clémendot aussi dénommé Clémensat ou Clémendat :

Date de formation : 20 octobre 1792.

Formation :

Son recrutement commença dès le mois d’août 1792, et elle fut confiée à Nicolas-Simon Clémendot. Cette compagnie franche fut finalement formée le 20 octobre 1792 dans la place de Condé avec 150 déserteurs des armées autrichiennes.

Historique :

1792 :

Le 24 octobre, la compagnie se trouvait dans les flanqueurs de droite de l’armée de Dumouriez, commandée par le maréchal de camp Stengel1. Elle participa au combat de Bons-Secours-Péruwelz près de Condé, sous les ordres de O’Moran, qui lança sur Bon-Secours une colonne d’attaque commandée par Dubouzet du 104e d’infanterie, avec 150 hommes du régiment, 100 volontaires de la Côte d’Or, 300 de l’Indre-et-Loire, 300 des Côtes-du-Nord, la compagnie franche de Clémendot et 24 grenadiers. Une seconde colonne, commandée par un lieutenant-colonel du 1er d’infanterie, se porta sur Péruwelz par le Mont-Copiémont, composée de 300 hommes du régiment, de 300 volontaires de la Seine-et-Oise, avec deux canons et quatre escadrons de dragons plus un escadron combiné des dépôts du 1er de cavalerie et du 17e de dragons. Enfin une troisième colonne formée de 300 volontaires de l’Yonne devait se porter sur le château de l’Hermitage par le Chêne-Raoult et protéger la marche du gros de l’armée. La seconde colonne atteignit le Mont-Copiémont et bouscula les avant-postes autrichiens, les hauteurs de Bon-Secours furent occupées solidement, mais les Français échouèrent à prendre Blaton2.

1793 :

Le 1er mars, cette compagnie servait dans les rangs de l’armée de Belgique commandée par le général Dumouriez, flanqueurs de gauche du général Miaczinski. Elle était forte de 89 hommes. Le 1er août, elle fut faite prisonnière lors de la reddition de la place de Condé. Toutefois, elle fut peut-être échangée ou reformée, car elle fut versée dans les rangs de la demi-brigade Étrangère (6 décembre).

Document transmis par un aimable internaute, ne concernant pas un soldat autrichien de la compagnie Clémendot, mais ayant été fait prisonnier vers 1793, ayant servit dans le 110e régiment d’infanterie, et se mariant en Loire-Inférieure (ayant donc certainement longuement servit dans les armées de l’Ouest. Transcription de l’acte de mariage d’Ignace Grosman et de Louise Françoise Laurent, le 20 nivôse an VI, Châteaubriant (Loire-Inférieure) :

« Devant moi Officier de l’État civil de Châteaubriant y demeurant étant dans la chambre ordinaire de l’administration municipale dudit lieu, s’est présenté Ignace Grosman garde territorial en cette commune originaire de la commune de Filzelurek en Autriche fils d’Antoine Grosman et de Marie-Anne Grosman, se disant Autrichien, âgé de 26 ans, domicilié de cette commune, majeur d’une part,

Et Louise-Françoise Laurent originaire et domiciliée de cette commune, fille de feu (René en marge) Jean Lorentet de Françoise Meslier, née suivant son extrait de naissance, le 18 septembre 1781 vieux style, mineure d’autre part,

En présence et du consentement de ladite Françoise Meslier veuve Laurent, mère de la contractante, âgée de 55 ans originaire et domiciliée de cette commune,

Et encore en présence des quatre témoins majeurs ci-après, Victorien Laurend, aubergiste âgé de 67 ans originaire et domicilié en cette commune, oncle au paternel de la contractante, Jean-Baptiste-Bernard Chambelière rentier âgé de 35 ans, originaire et domicilié en cette commune, Jean-Baptiste Gallois Sigueno de Maine, âgé de trente ans originaire et domicilié en cette commune, Jean Scheweitzer tisserand âgé de 24 ans, originaire de la commune de Regisheim (Reguisheim – Alsace) canton Deusesheim (Dossenheim – Alsace ) département du Haut-Rhin et domicilié en celle-ci.

Lecture faite de l’acte de naissance de la contractante, d’un acte de notoriété en date du 16 nivôse présent mois, donné par le citoyen Nollet, Juge de Paix de ce canton, signé au ( ?) délivré Nollet de la Porte, greffier, lequel constate que le dit Ignace Grosman, contractant avoir lors de son enrôlement devant l’administration municipale de Blois devant le 110e régiment d’infanterie cy devant Port au Prince, 21 ans, qu’il … avait prisonnier de guerre autrichien, qu’il a actuellement environ 26 ans, que voulant se marier et ne lui ayant pas été possible de pouvoir se procurer son extrait d’âge comme étranger, il a requis le dit acte de notoriété.

Lecture faite de l’extrait mortuaire de René Jean Lorend, père de la contractante et celui de publication du mariage des contractants enregistré à Châteaubriant le 17 nivôse présent mois an VI, publié en affiche le même jour à l’heure de midi à l’extérieur de la principale porte de la maison commune sans opposition à notre connaissance.

Le mariage a été contracté … déclaration que chacune des parties a fait devant moi … je déclare prendre Louise Françoise Laurent en mariage … Je déclare prendre Ignace Grosmane en mariage… après cette double déclaration, moi officier de l’État civil ai prononcé au nom de la loi en présence des contractants et des dits quatre témoins …… que le dit Ignace Grosman et Louise Françoise Laurent sont unis en mariage.

Le présent acte dressé par moi le 20 nivôse an VI de la République une et indivisible aux 3 heures après midi de ce jour et signé par les parties et l’heure par moi fixée … des contractants et des dits témoins … de la mère de la contractante en présence … J’ai dressé le présent acte, du nom René en marge approuvé ».

sehri

Article de Laurent Brayard, iconographie, interrogatoire des prisonniers autrichiens

1 Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 303.

2 Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 309.

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