Chevau-légers de West-Flandre ou de Gand

17e-chasseurs-a-cheval

Chevau-légers de West-Flandre (ou de Gand) :

 

Date de formation : octobre 1792, organisation à Lille et Saint-Omer d’un régiment de chevau-légers de West-Flandre.

Formation :

Malou-Riga, commissaire des guerres à l’armée du Nord, proposa la formation d’un corps de cavalerie belge qui fut formé sous le nom de chevau-légers de West-Flandre[1].

 

Historique :

1792 :

Le 14 novembre, il faisait partie des troupes de l’armée du Nord, avant-garde du général La Marlière.

1793 :

Une partie des officiers du régiment suivirent Dumouriez dans sa défection (avril). Il fut passé en revue à Saint-Omer, le 31 mai, comprenant alors un effectif de 17 officiers et 194 hommes. Il fut versé à Péronne en novembre, dans le 17ème de chasseurs à cheval, ils étaient commandés par le colonel de Rens.

Il participa à l’expédition de Hollande décidée par le général Dumouriez pendant l’hiver. Excellente troupe, elle fut très éprouvée dans les déroutes du printemps. Ce régiment forma le 17ème régiment de chasseurs à cheval. Malgré sa bonne tenue, il devint suspect à la Convention qui le fit dissoudre. Lors de cette épuration, il est dit :

« que les deux régiments portant le numéro 17, composés en légions belges et liégeoises, sont aujourd’hui composés non seulement de belges et de liégeois mais de français intrigants et plus que suspects, de soldats et officiers déserteurs autrichiens et de citoyens qui ont déserté leur régiment et bataillon pour entrer dans ces corps (à prix d’argent ) ».

1794 :

Le 13 mars, un représentant en mission écrivit « que c’est un ramas dont on ne peut se faire une idée ! ». Le régiment fut désormais placé à l’arrière ne servit plus aux armées. Il fut licencié le 6 avril.

Portraits :

Charles-Joseph baron Evers, né à Bruxelles le 8 mai 1773. Entra au service de la France comme lieutenant au 1er bataillon des chasseurs Belges (15 juillet 1792). Il servit à l’armée du Nord (1792 à 1796), capitaine au 2ème bataillon de chasseurs belges (1er septembre), il fut blessé d’un coup de sabre sur la tête et d’un coup de feu à la jambe droite en passant la Lys à la nage (6 septembre 1796). Chef d’escadron au 17ème de chasseurs à cheval (1er septembre 1793), il passa lors du licenciement des troupes belges chef d’escadrons adjoint au 5ème régiment de hussards (22 février 1795). Il servit ensuite aux armées de Sambre et Meuse, de Rhin et Moselle, du Danube et du Rhin (1795 à 1801). Il se signala à l’avant-garde de Jourdan lors de la prise de Königssegg (20 mars 1799), puis lors de la retraite (28 mars). Chef d’escadrons titulaire au 5ème Hussards (mai), il servit à Saint-Blaise (29 avril 1800), à Engen (3 mai), au combat d’Ulm (5 juin), et dans un combat contre les manteaux rouges (19 décembre). Servit sous Mortier au Hanovre (1803), colonel des chasseurs à cheval de la Légion Hanovrienne (24 octobre). Noté par le général Pelletier en 1805 : « bon officier, servant avec zèle, possédant de l’esprit de détail d’un corps, d’une reconduite recommandable et beaucoup d’intelligence ». Chevalier du Mérite de Hollande (janvier 1807), il servit ensuite en Espagne sous Beaumont de Carrière (novembre 1808). Rentra en France pour raisons de santé (avril 1810), général de brigade (mars 1812), employé dans la 17ème division militaire, commandant l’île de Gorée. Appelé à la Grande Armée, il fut placé à la suite de l’Etat-major et employé à la réserve de cavalerie en Russie. Resté malade à Königsberg, il fut fait prisonnier (5 janvier 1813). Rentra en France (juin 1814), chevalier de Saint-Louis (juillet), lieutenant-général honoraire, il donna sa démission du service de la France, démission acceptée le 6 septembre 1814. Il entra ensuite dans l’armée des Pays-Bas comme lieutenant-général inspecteur général de cavalerie. Officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de Guillaume des Pays-Bas. Il mourut au Château de Jambes, près de Namur, le 9 août 1818.

M. Frémont, né Fourges dans l’Eure, en 1759, quartier-maître dans les chevau-légers de West-Flandre, affirma être resté (exagérément) le seul officier du régiment à n’avoir pas suivi Dumouriez dans sa trahison (avril 1793).

François-Charles de Langlois, né à Paris, le 27 octobre 1759, ancien dragon du marquis de La Fayette (18e régiment, 1778), capitaine dans la Légion du Nord (5 août 1792), capitaine à la Légion des Belges et Liégeois. Nommé à la tête du 2e régiment de chasseurs à cheval belge (10 avril 1793), sa nomination ne fut pas reconnue, il passa dans les chevau-légers de West-Flandre et de là, dans le 17e régiment de chasseurs à cheval français (mai), parvînt au grande de lieutenant-colonel dans le régiment, jusqu’à son licenciement (juillet 1794), fut replacé comme chef d’escadron à la suite du 3e régiment de dragons, il fut destitué de son grade en 1805. La perte de son commandement en 1793, le remplit d’amertume contre Deneck qu’il accusa d’être un « traître et un fripon » et que les officiers belges du régiment «  plus de 50 contre 7 ou 8 Français, étaient des déserteurs autrichiens et que la presque totalité des chasseurs étaient Français », propos fortement exagérés[2].

Jean-Baptiste Rens, originaire de Grammont, ancien président du comité révolutionnaire de Lille (Belges et Liégeois), nommé lieutenant-colonel dans la Légion des Belges et Liégeois (1792), colonel du 17e régiment de chasseurs à cheval (1793).

Article de Laurent B., image : 17e régiment de chasseurs à cheval (français) où l’unité fut versée.

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[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 543.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 543.

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