Bataillons de tirailleurs

tirailleur-belge-1794

Bataillons de tirailleurs belges :

 

Après les lourdes pertes éprouvées par les troupes françaises et belges lors des campagnes de 1792 et 1793, l’infanterie belge fut réunie en novembre 1793, à Péronne, dans cinq bataillons de chasseurs. La cavalerie forma comme nous l’avons vu les 17ème et 18ème régiments de chasseurs à cheval. L’adjudant-général Devaux chargé de rendre compte de cette opération au ministre Bouchotte lui écrivit que :

« dans quelque endroit que l’on envoie les troupes belges, j’en ai la meilleure opinion, ce sont d’excellents soldats et propres pour un coup de main. Il y a parmi eux des officiers hardis au feu et qui ont reçu jusqu’à dix-sept blessures »[1].

Le décret fut signé le 10 novembre, Duquesnoy, représentant du Peuple à l’armée du Nord, annonça à la troupe que leurs unités étaient supprimées mais qu’ils allaient être versés et convertis en de nouveaux bataillons de chasseurs-tirailleurs.

Le commissaire des guerres Chivaille fut chargé de régler le sort d’environ 240 militaires belges, liégeois et bataves, qui avaient été rassemblés à Versailles, se trouvant à Paris ou dans les environs, afin d’en terminer avec l’organisation des troupes belges et bataves (fin 1794) :

« Le Comité de Salut Public, citoyen, ayant prescrit de rassembler à Versailles tous les militaires belges, liégeois et bataves, qui viennent d’être éloignés des corps auxquels ils avaient été attachés comme adjoints, la Commission avec l’approbation du Comité a chargé le chef de brigade Merck de procéder conjointement avec toi à l’examen des titres de tous ces militaires, afin de distinguer qui en conformité des lois, ont des droits acquis à leur remplacement, de ceux qui, n’ayant pas ce droit, doivent être définitivement écartés »[2].

Les hommes qui furent gardés, furent nommés dans les corps existants, les autres devaient rejoindre comme simples volontaires les corps de leur choix. La commission siégea encore un long moment, statua sur le sort de chaque homme et les répartissant dans les cinq bataillons de tirailleurs, jusqu’à sa décision finale, dans un document classant les officiers, en date du 7 février 1795.

Si le décret de formation et de rassemblement fut bien du 10 novembre 1793, il est certain que les cinq bataillons de tirailleurs, le temps de les rassembler, à Amiens (ou Péronne), leur formation ne fut effective que dans les mois de janvier et février 1794.

Article de Laurent B., dessin de Didier Davin

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[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 742.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 744.

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