Artillerie belge

canonniers-de-la-revolution

Artillerie belge :

 

Le corps de l’artillerie belge fut placé sous les ordres du général Mylius et fut réorganisé au début de 1793, après la prise de Bruxelles et l’occupation de la Belgique. Il fut formé trois bataillons d’artillerie avec les Belges, chacun comprenant cinq compagnies d’artillerie dont une d’élite, trois de canonniers et une d’ouvriers. La compagnie d’élite du 1er bataillon d’artillerie était formée par les mineurs, celle du 2e bataillon par les sapeurs et celle du 3e bataillon par les bombardiers[1]. Cependant, d’après un rapport du 9 février 1793, le corps ne comptait à ce moment que 37 officiers, 344 hommes, plusieurs compagnies n’étaient pas encore formées, celle des sapeurs ne comprenait que deux officiers et un apprenti, celle des mineurs était restée à l’état de vœu pieux.

Le 13 février, Mylius reçut l’ordre de concentrer toute l’artillerie belge à Malines afin de la former, de l’instruire et de travailler aux travaux des arsenaux dirigés par le capitaine Saint-Cyr. Il fut probablement impossible de compléter les rangs des trois bataillons, par le manque d’engouement des Belges, le manque d’hommes, le manque d’équipements et surtout la perte de la Belgique après la défaite de Neerwinden (18 mars), l’évacuation de Bruxelles (24 mars) et la perte de toute la Belgique avant la fin du mois. Les unités d’artillerie belge retraitèrent en France, le 22 août, le général de brigade Dupont-Chaumont, commandant de la place de Douai écrivait :

« Nous certifions que le bataillon d’artillerie belge a fait, tant dans l’intérieur de la place que dans les postes extérieurs, le service avec la plus grande exactitude et intelligence, conjointement avec les canonniers de l’artillerie française, au point que le dit bataillon a même fourni à ma réquisition différents instructeurs pour les compagnies attachées à différentes bataillons, qu’il s’est enfin comporté depuis quatre mois qu’il est en cantonnement dans la place de Douai, de manière à mériter toute la considération due à de vrais républicains » [2].

Toutes les unités d’artillerie belges furent finalement mises au service de la République française (début 1793), et formèrent un éphémère 9e régiment d’artillerie (français) qui eut une existence entre 1794 et 1795.

 

État-major du corps des artilleurs belges :

Lieutenants colonels, Nicolas Du Cellier, plus tard général de brigade, Charles-Alexandre Schlosser,

Capitaines, Albert Wibier directeur des comptes, Josse Van Campenhout, Pierre Van de Wiele, Ignace Colin, Jean Beck, Jean-Hubert Héneffe,

Lieutenants, Lambert Rops, Bastien de Mol, Joseph Naminck, Henry Mylius, Henry Penseel, Constantin Eghels, Denis Scheys, Jacques André, Philippe Van Eyck, Jacques Cornélis, Jean Ingram, Jean-Joseph Segers, Germain Lahure (frère du général),

Sous-lieutenants, Frédéric Mylius, Pierre Thaffry, Henry Beaulieu, Gabriel Courouble, Jean Lemaire, Pierre de Vroide, François Marchal,

Fourriers-majors, Jacques Massart, Antoine-Joseph Marchal,

Chirurgiens, Antoine de Batty, Jacques Poch, Antoine de Lauwe, Henri Latine,

Tambour-major, Nicolas Brunette.

 

Portraits :

François Devillé, né à Mons, le 16 avril 1770, canonnier à la Légion des Belges et Liégeois (15 juin 1792).

Eghels, adjudant puis capitaine dans les artilleurs belges, officier dans la 112e demi-brigade de ligne.

Germain Lahure, frère du général, il servit dans les rangs des patriotes durant la Révolution brabançonne (1790), puis dans les troupes belges, corps des artilleurs, lieutenant, il quitta le service après avoir fait la campagne de Hollande avec Pichegru (1795), s’occupa ensuite d’entreprises de travaux publics, il mourut à Bruxelles en 1837.

Ernest-Albert-Henry de Myulis, né à Stuttgart dans le Wurtemberg, le 8 mai 1749. Entra au service de la France comme sous-lieutenant au régiment ci-devant Anhalt (avril 1769). Il servit en Corse (1769 à 1770), lieutenant (1771), démissionnaire (juin), capitaine d’artillerie au service du duc de Wurtemberg (1771), il cessa ses fonctions (mars 1790). Lieutenant-colonel d’artillerie au service des Etats Belges insurgés (1790), colonel (5 avril), général-major et directeur général d’artillerie au service de l’Etat belge (2 novembre). Il cessa ses fonctions lors de l’invasion autrichienne, mais il fut réintégré dans le grade de maréchal de Camp par le comité militaire belge (20 novembre 1792). Inspecteur d’artillerie dans les troupes belges (28 novembre), il fut chargé de lever un corps d’artillerie belge qui passa au service de la France (mars 1793), selon un décret de la Convention Nationale qui portait que les citoyens employés dans les troupes de Belgique et du Pays de Liège conserveront le grade dont ils étaient revêtus au moment de la réunion des légions belges et liégeoises aux armées de la République. Il resta à Bruxelles après le départ des français (24 mars), et demanda à reprendre du service à leur retour (juillet 1794). Remis en activité comme chef de la Légion des Francs du Nord (18 février 1800), il servit à l’armée de Batavie (21 avril 1800 au 27 mars 1801). Adjudant-commandant chef d’Etat-major de la Légion des Francs du Nord (23 septembre 1800), il fut admis au traitement de réforme comme chef de brigade. Il fut accusé de dilapidations et suspendu de son traitement de réforme à la suite de mésintelligence avec le général Eickemeyer commandant de la Légion. Vivant en décembre 1803, il mourut avant février 1805.

sehri

1er bataillon d’artillerie belge :

 

Date de formation : 1792

 

Formation :

La Légion belge était pourvue d’artillerie qui s’organisa d’abord en compagnies puis finit par former un « bataillon », ce qui signifie que l’unité comprenait au moins deux compagnies. Les artilleurs belges ne servirent que par détachements qui se trouvaient dispersés dans les différentes unités puis dans les divers bataillons de la légion belge ou de tirailleurs belges. Il était commandé par le colonel Brancas. Théoriquement, il comprenait cinq compagnies, une d’élite de mineurs, trois de canonniers et une d’ouvriers[3].

Historique :

1792 :

Fin septembre, début octobre 1792, le capitaine Marchal et le lieutenant Jacques-Mathieu Raymarchers, de Tirlemont, appartenant au corps d’artillerie de la Légion belge furent envoyés de Quesnoy-sur-Deule avec deux sous-officiers, pour aller prendre à Lille des armes et des munitions d’infanterie. Comme Rayemarckers revenait avec les fourgons, il reçut une balle qui alla frapper un des sous-officiers. Les deux hommes décédèrent dans la demi-heure, incident stupide puisque la balle avait été tirée par un factionnaire d’un bataillon de volontaires nationaux arrivé le même jour au Quesnoy pour y relever le régiment ci-devant de Dillon. Raymackers laissait une femme et trois enfants, il avait aussi trois frères, dont deux furent tués au service de la France, le premier à Lagronegro (Naples, 1806), le second en 1813[4].

1793 :

Le 30 juillet, 7 canonniers belges se trouvaient à Bouchain[5].

1794 :

Il semble qu’il soit licencié au 29 janvier 1794.

Portrait :

Constant Brancas, fils naturel du marquis de Brancas-Lauraguais et de Sophie Arnould, cantatrice à l’opéra de Paris, interprète de Rameau et Gluck, célèbre par sa beauté et son esprit, née à Paris en 1744, elle mourut en 1802. Brancas organisa un rassemblement de réfugiés belges à Avesnes en 1792. Colonel du 1er bataillon d’artillerie belge, il servit avec eux à Jemappes (6 novembre), où il eut son cheval tué sous lui, puis à Neerwinden (18 mars 1793), où il fut blessé. Il empêcha les Autrichiens de s’emparer du général Dampierre, mortellement blessé (8 mai), aidé du trompette-major Cadet, attaché au quartier-général, il parvint « à amuser l’ennemi par sa bonne contenance », donnant aux chasseurs belges le temps de dégager le général en chef qui fut transporté à l’arrière sur une civière. Il fut nommé colonel du 11e régiment de cuirassiers (1806), et fut tué à la bataille d’Essling (21 mai 1809), lors de la charge qui coûta aussi la vie au général d’Espagne.

sehri

2e bataillon d’artillerie belge :

 

Date de formation : 1793

 

Formation :

Il comprenait théoriquement cinq compagnies, une d’élite de sapeurs, trois de canonniers, une d’ouvriers. Il était commandé par le lieutenant-colonel Schlosser[6].

 sehri

3e bataillon d’artillerie belge :

 

Date de formation : 1793

 

Formation :

Il comprenait théoriquement cinq compagnies, une d’élite de bombardiers, trois de canonniers et une d’ouvriers. Il était commandé par le lieutenant-colonel Du Cellier[7].

 

Historique :

Le 12 mars, le lieutenant-colonel Du Cellier écrivait une lettre de dénonciation au général Thouvenot à propos du colonel Brancas, il insistait pour dire que Brancas avait été des traîtres à la solde de Dumouriez et qu’il avait perverti les corps belges en y introduisant des sans-culottes :

« bande de malheureux qui ont tout mis en désordre dans ce pays et que le gouvernement a généralement destitués, Brancas m’en avait adressé 22 à Malines, et le corps s’est refusé à les recevoir »[8].

 sehri

1ère compagnie de canonniers volontaires de l’Ourthe :

 

Date de formation : Probablement créée durant l’hiver 92-93, aussitôt le territoire libéré par l’armée Française, suite à la victoire de Jemmapes, le 6 novembre 1792.

Portrait :

Jacques Brasseur, né le 15 juin 1777, à Liège dans le département de l’Ourthe, fils de Jacob et d’Ida Wirson. Il servit quatre années dans cette unité, dans les rangs de l’armée du Nord. Il servit à la défense e Maubeuge bloqué par les Autrichiens (1793). Participa aux combats contre les coalisés devant la ville de Landrecies la même année. Versé probablement avec les restes de sa compagnie, dans le 8ème régiment d’artillerie à pied (11 octobre 1797). De 1798 à 1801, il servit à l’armée de l’Ouest et participa à la défense de Belle-Ile contre les Anglais (1800), caporal (20 juin 1801). Il servit ensuite au camp de Boulogne (1803 à 1810), sergent (14 février 1804). Il servit ensuite de 1811 à 1815 sur les côtes de la Belgique. Il participa à divers combats sur les côtes près d’Anvers contre les Anglais (1812), garde d’artillerie de 3ème classe (2 août), conducteur d’artillerie (16 avril 1815), il servit à l’armée royale de Belgique en 1815. Entra à ce poste dans la garde royale (12 octobre) où il servit jusqu’au 20 août 1823. Chevalier de la Légion d’honneur (13 août 1823). Il mourut le 6 mars 1851.

sehri

Compagnie belge d’ouvriers :

 

Date de formation : 1792 ou 1793

Historique :

Le 30 juillet 1793, elle se trouvait au camp de  Sin, avec un effectif de 58 hommes[9]. Cette compagnie est une composante d’un des trois bataillons d’artillerie belges.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 559.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 560.

[3] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 559.

[4] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 279.

[5] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 513.

[6] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 559.

[7] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 559.

[8] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 560.

[9] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 513.

Publicités