5e bataillon de tirailleurs (belges)

tirailleur-belge-1794

5ème bataillon des tirailleurs belges :

 

Date de formation : novembre 1793 ou 13 février 1794.

 

Formation :

Il fut formé avec le 1er et le 2ème bataillon de Jemmapes, du 2e bataillon belge et des chasseurs de Pauly[1]. L’opération eut lieu à Péronne en novembre 1793. Il était commandé par Dupont.

Mais d’après Belhomme[2], l’ordre fut donné par le Comité de Salut Public en date du 10 novembre 1793, et ils furent dirigés sur Péronne où la réorganisation ne se fit que le 13 février 1794. Le 5ème bataillon fut formé d’après Belhomme avec les mêmes unités.

 

Historique :

1794 :

En février, fort de 855 hommes, il fit en mouvement et partit d’Amiens pour rejoindre Cassel où il arriva le 17[3]. Il se trouvait dans les rangs de la brigade Jardon, division Souham, à l’armée du Nord.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

Il fut amalgamé dans la 14ème demi-brigade légère. L’amalgame semble avoir lieu dans l’armée du Nord, dans la plaine de Zutphen (d’après Didier Davin).

La 14ème demi-brigade légère fut formée le 20 avril 1794, à Zutphen, selon Belhomme. Sa formation comprenait le 14ème bataillon des chasseurs (ex Gardes françaises), le 5ème bataillon de tirailleurs, et le bataillon de chasseurs de Mont-Cassel (Nord).

Selon Cruyplants, le 5e bataillon de tirailleurs fut versé le 19 avril 1795, dans la 14e demi-brigade légère de première formation, chef de brigade Vériat[4].

2ème formation :

En seconde formation, la 14ème légère de 1ère formation devint la 1ère demi-brigade légère. Selon Champeaux, le 5e bataillon de tirailleurs fut versé dans les rangs de la 1ère demi-brigade légère de seconde formation[5].

 

État-major :

Chefs de bataillon, Dupont, Boniface Fontaine, Merk,

Capitaines, Baudens, Alberti, Frémont, Godefroy, Demollin, Turlot, Van Merlen, Vichery, Vandael, Sépulchre.

Lieutenants, Emmerechts, Chomé, Van Cutsem, Guisbier, Sacré, Huele, Raeymarkers, Delannay, Dehault, Barbaut, Husson, Bouhon et Tison.

 

Officiers belges envoyés au 5e bataillon par la commission de Versailles (7 février 1795) :

 Capitaines David et Capelle,

Lieutenants, Joseph Sacré, Vanhuele, Reymaekers, Delannay et Dehault,

Sous-lieutenants, Barbaut, Husson, Bouhon et Tison,

 

Portraits :

Henri Bouhon, originaire de Liège, sous-lieutenant au 3e bataillon liégeois, passa à ce grade au 5e bataillon de tirailleurs (1795), lieutenant, passa dans la 14e demi-brigade légère de première formation (1795), puis dans la 1ère demi-brigade légère de seconde formation (1796), enfin dans le 1ère régiment d’infanterie légère (1803), capitaine (11 février 1808), il prit sa retraite en 1810.

 

Joseph Chomé, originaire de Gand, lieutenant dans un des bataillons de chasseurs de Gand (1792), passa au 5e bataillon de tirailleurs (1794), puis dans la 14e demi-brigade légère de première formation (1795), par la suite à la 1ère demi-brigade légère de seconde formation (1796), capitaine (10 mai 1802).

Antoine Degand, originaire de Mons, né le 3 février 1762, s’enrôlé dans les chasseurs de Jemappes (1792), blessé d’un coup de feu à l’estomac au blocus de Maubeuge (10 octobre 1793), sergent-major, passa avec ce grade au 5e bataillon de tirailleurs (1794), blessé d’un coup de feu au bras droit lors du passage du Rhin (5 décembre 1794), à nouveau blessé d’un coup de feu au passage du Wahal (8 janvier 1795), passa dans la 14e demi-brigade légère de première formation, passa dans la 1ère demi-brigade légère de seconde formation (1796), sous-lieutenant (3 mars 1802).

 

Joseph Demollin, originaire de Nivelles, soldat de Vander Mersch durant la Révolution brabançonne (1789-1790), s’enrôla dans les troupes belges au service de la France (1792), capitaine au 2e régiment belge (1793), commandant de la 5e compagnie, du 5e bataillon de tirailleurs (1794), il fut blessé, au combat de Winterthur en Suisse (27 mai 1800), et prit sa retraite le 6 mars 1805.

Maximilien Dénéchaux, dit Berry, né à Mellet, s’enrôla dans les troupes belges au service de la France (1792), passa dans le 5e bataillon de tirailleurs et fit campagne de 1793 à 1801, il prit sa retraite, le 28 août 1806.

Martin Emmerechts, originaire de Bruxelles, lieutenant au 5e bataillon de tirailleurs (janvier 1794), il fit des prisonniers lors du combat de Grugeon (10 mai), il passa à la 14e demi-brigade légère de première formation (1795), puis dans la 1ère demi-brigade légère de seconde formation (1796), il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche (17 août 1799), capitaine (22 novembre), blessé à nouveau d’un coup de feu au bras, à Caffare, près de Stora (30 décembre 1800), il passa au 1er régiment d’infanterie légère (1803), servit à l’armée de Naples (1806), il fut fait prisonniers par les Anglais, à l’affaire de Sainte-Euphémie, en Calabre, le 4 juillet 1806.

 

Boniface Fontaine, originaire d’Ath, capitaine dans le 1er bataillon de chasseurs de Gand (1793), lieutenant-colonel (13 mai 1793), chef de bataillon au 5e bataillon de tirailleurs (1794).

Ghislain Guisbier, originaire de Mons, il s’enrôla dans les chasseurs de Jemappes (1792), puis passa dans le 5e bataillon de tirailleurs (janvier 1794), avec le grade de lieutenant, il passa à la 14e demi-brigade légère de première formation (1795), puis à la 1ère demi-brigade légère de seconde formation (1796), et au 1ère régiment d’infanterie légère (1803), passa dans l’intervalle capitaine, fut blessé cinq fois entre 1793 et 1801, et prit sa retraite le 6 mars 1805.

 

Pierre Lejeune, né à Visé, le 11 octobre 1762, son beau-frère, Philippin, devint maire de cette commune du pays de Liège. Il servit dans les troupes patriotes lors de la Révolution brabançonne (1789-1790), réfugié à Lille après la défaite (1791), il s’enrôla dans la Légion des Belges et Liégeois au service de la France (1792), capitaine (15 juillet), lieutenant-colonel (octobre), chef de bataillon au 2e bataillon de chasseurs (1793), passa dans le 5e bataillon de tirailleurs (1794), blessé par un biscaïen au bras gauche (17 mai), blessé à la prise de Lannoy, par une balle qui lui emporta son hausse-col et le jeta à bas de son cheval (18 mai), il se releva et participa à la prise d’un canon et à la prise de plusieurs soldats hessois, s’illustra encore au passage du Wahal, où il fit prisonnier un officier supérieur de l’armée hanovrienne, puis s’empara du fort de Senterop, faisant prisonnier la garnison hessoise et le major qui la commandait, il passa dans la 14e demi-brigade légère de première formation (1795), et enfin dans la 1ère demi-brigade légère de seconde formation. Il servit à l’armée de Sambre et Meuse, puis du Rhin, d’Angleterre, du Danube et d’Allemagne (1794-1800), puis fut envoyé dans les Pouilles en Italie, chevalier de la Légion d’honneur, major au 13e de ligne (27 octobre 1808), il servit en Espagne, puis en Italie (1809-1810), il fit la campagne d’Allemagne, division du général Lamarque, armée d’Italie du prince Eugène (13e, 23e et 29e régiments de ligne), et servit à la bataille de Wagram (6 juillet 1809), colonel du 56e de ligne (7 septembre 1811), brigade du général Albert (19e et 56e de ligne), division Legrand, 2e corps du maréchal Oudinot. Il fit la campagne de Russie, mais fut appelé à remplir les fonctions d’adjudant commandant à l’Etat-major (18 juin 1812), colonel du 57e de ligne, mais l’Empereur nomma lors d’une revue un autre colonel, Lejeune resta à l’Etat-major (1er octobre), il fit la campagne de Saxe, état-major du 11e corps d’armée du maréchal Macdonald, il fut mortellement blessé à la bataille de Leipzig, d’une balle en pleine poitrine, transporté à l’hôpital de Mayence, il mourut le 5 novembre 1813.

 

Merk, adjudant-général, commandant du bataillon bavarois formé à Bruxelles, en novembre 1792, chef de bataillon au 5e bataillon de tirailleurs (1794).

Louis Raeymakers, originaire de Tirlemont, son frère Henri servait au 2e bataillon de tirailleurs, lui-même fut lieutenant au 5e bataillon de tirailleurs, passa à la 14e demi-brigade légère de première formation (1795), puis à la 1ère demi-brigade légère de seconde formation (1796), et au 1er régiment d’infanterie légère (1803), il fut tué au combat de Lagronegro, dans le royaume de Naples, en mars 1806.

Joseph-Nicolas Sacré, originaire de Mons, capitaine à la 7e compagnie du 2e bataillon des chasseurs de Jemappes, Légion des Belges et Liégeois (22 février 1793), passa avec ce grade au 1er bataillon de tirailleurs, puis au 5e bataillon de tirailleurs.

 

Guillaume-Amédée-Joseph chevalier de Sépulchre, né à Jemeppe près de Liège, entra comme cadet, dans le régiment suisse de Salis-Grisons, puis servit comme capitaine dans le régiment liégeois de Lynden (armée impériale), il passa dans les troupes belges au service de la France, commandant d’une compagnie du régiment d’Anvers (1793), il passa au 5e bataillon de tirailleurs.

Jean-Illuminé Takels, originaire de Bruxelles, né la 24 mars 1770, s’enrôla dans les troupes belges au service de la France (1792), servit dans les chasseurs de Jemappes, il fut blessé pendant le blocus de Maubeuge (1793), passa dans le 5e bataillon de tirailleurs (1794), puis dans la 14e demi-brigade de première formation (1795), et dans la 1ère demi-brigade légère de seconde formation (1796), sous-lieutenant (23 juillet 1801).

Barthélémy Tison, originaire de Gourain-Ramecroix, près de Tournai, lieutenant au 5e bataillon de tirailleurs (1795), en retraite comme capitaine en 1808.

Joseph Van Cutsem, originaire de Bruxelles, lieutenant au 5e bataillon de tirailleurs (1794), capitaine (19 avril 1797), il fut tué au combat de Vals, en Espagne, le 25 février 1809.

Pierre-Mathieu Vandael, originaire d’Anvers, il servit comme soldat durant la Révolution brabançonne (1789-1790), s’enrôla dans les troupes belges au service de la France (1792), capitaine au régiment d’Anvers (1793), il passa avec son grade dans le 5e bataillon de tirailleurs (28 janvier 1794), fut envoyé dans la 1ère demi-brigade légère de première formation (6 avril 1795), puis passa à la 67e demi-brigade de ligne de seconde formation, chef de bataillon (1799), il fut blessé  l’armée du Rhin, durant la bataille d’Engen (3 mai 1800), et succomba quatre jours plus tard de ses blessures.

Article de Laurent B., dessin de Didier Davin

sehri

[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 742.

[2] Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tome 3 et 4.

[3] Journal Militaire de 1794.

[4] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 746.

[5] Champeaux, Etat militaire de la République française en l’an douze, 4e partie, p. 166.

Publicités