4e bataillon de chasseurs belges

jemappes-6-novembre-1792

4ème bataillon des chasseurs belges :

 

Date de formation : Il fut formé à Bruxelles, le 1er mars 1793.

Formation :

Ce bataillon faisait partie de la Légion des Belges et Liégeois.

Historique :

1793 :

Il fut passé en revue le 29 mai, par le commissaire des guerres Le Tessier, à Saint-Quentin. Il comptait à cette époque, 30 officiers, 49 sous-officiers, 5 tambours, un grenadier et 11 fusiliers présents. Une centaine d’hommes étaient absents dans les hôpitaux ou détachés[1]. Le 30 juillet, un détachement se trouvait en garnison à Maubeuge, avec un effectif de 88 hommes, le gros bataillon se trouvait en garnison à Landrecies avec un effectif de 392 hommes[2]. Le 12 septembre, le 4e bataillon se mit en route de Chalons, pour Saint-Quentin[3]. Les 15 et 16 octobre, il combattit à la bataille de Wattignies dans les rangs de la division Balland. En novembre, à Péronne, il fut versé dans le 2ème bataillon des tirailleurs belges.

État-major :

Lieutenant-colonel en premier, Griffon,

Lieutenant colonels en second et en surnuméraire, Damarin et Lestienne,

Quartier-maître trésorier Frédéric,

Adjudant-major Henry,

Chirurgien-major Morlet,

Capitaines, Flon pour la compagnie de grenadiers, Germain, Gravez, Goemans, Maes, Van Onderwater, Dorval, Wuyts, Desprez,

Lieutenants, Rolans, Lannay, Michaël, Bernard, Fustier, Chevrier, Flon fils, Lefèvre et Leduc,

Sous-lieutenants, Ravel, Dothée, Puyssaie, Goessens, Clément, Colinet, Mathieux, Ledoux et Delatteur.

Portraits :

Louis Damarin, lieutenant-colonel en surnuméraire au 4e bataillon de chasseurs belges, il fut dénoncé par Griffon, lieutenant-colonel en titre comme un ancien lieutenant de l’armée autrichienne et comme noble. Il fut arrêté et envoyé dans différentes prisons à Laon, Soissons et Nointel (Clermont-sur-Oise).

François Deglain, originaire de Bruxelles, ancien soldat de Clerfayt, servit dans les rangs des patriotes durant la Révolution brabançonne, lieutenant au 4e bataillon de chasseurs de la Légion des Belges et Liégeois (7 janvier 1793), passa au 17e régiment de chasseurs à cheval (12 août), commandant la Légion de police de Bruxelles (1794-1797), puis officier dans la gendarmerie impériale, mis en retraite en 1812.

Jean-Jacques-Christophe-Benoît Flon, né à Bruxelles en 1746, lieutenant à la Légion des belges et liégeois (1792), capitaine des grenadiers au 4e bataillon de chasseurs belges (1793).

Louis-Balthazar Goemans, originaire de Louvain, officier dans le 4e bataillon de chasseurs belges, passa dans la 112e demi-brigade de seconde formation.

 

Joseph Griffon, Français originaire de Mâcon (Saône-et-Loire), ancien capitaine de l’armée patriote brabançonne, nommé capitaine à la Légion belge (3 août 1792), lieutenant-colonel du 4e bataillon de chasseurs belges. Dans une lettre écrite de Saint-Quentin, le 6 octobre 1793, il se plaint auprès de Xavier Audouin, adjoint du Ministre de la Guerre, il se plaint de la présence des autres lieutenants colonels, Lestienne et Damarin, indiquant qu’il était le seul chef reconnu de son unité, il écrit : « d’ailleurs, je vous donne ces deux lieutenants-colonels pour avoir servi en qualité d’officiers dans les Autrichiens, le nommé Lestienne a été capitaine de cavalerie et l’autre nommé Damarin, lieutenant d’infanterie. Ce dernier est de grande noblesse, et l’autre avocat du même pays. Les nobles et les avocats ne sont jamais grands amis d’un Français, d’un officier de fortune, d’un républicain tel que moi, d’ailleurs l’un et l’autre ne servent qu’à mettre la zizanie dans mon bataillon qui est composé de tous déserteurs autrichiens[4]. Il obtînt gain de cause mais il fut arrêté peu de temps après, ainsi que Lestienne et Damarin pour ses quartiers de noblesse.

Lestienne, lieutenant-colonel en surnuméraire au 4e bataillon des chasseurs belges, il avait été dénoncé par Griffon, le colonel en titre comme un ancien officier de cavalerie de l’armée autrichienne et pour être… un avocat. Lestienne fut arrêté pour un autre fait, et ne dut son salut qu’au 9 thermidor, il s’était plaint hautement de la conduite du représentant du Peuple Duquesnoy qui s’était permis de lever la main sur un officier, il avait répliqué au général : « en faisant mon devoir, je ne crains personne, c’est vous qui avilissez la nation française en frappant ses officiers ! ». Lestienne fut arrêté et conduit à Arras, il fut libéré après la chute de Robespierre, se fit remarquer à la bataille de Marengo (14 juin 1800), fut fait chevalier de la Légion d’honneur.

 

Jacques-Joseph Nagan, né à Lièges en 1758, il leva à ses frais une compagnie armée et plusieurs chasseurs au début de la campagne de 1792, il servit au 4e bataillon, nommé capitaine (13 septembre 1792). Il fut envoyé avec quatre compagnies vers le bois à gauche du moulin de Boussu, dans le combat du même nom (4 novembre), où après un combat acharné de trois heures, il réussit à mettre en fuite les Autrichiens et leur fit de nombreux prisonniers. Il eut à cette occasion un cheval tué sous lui. Il servit ensuite dans le régiment de Namur jusqu’à son licenciement et versement dans le 3e régiment des Belges.

Jean-François Wuyts, originaire de Westerloo, né en 1772, il fit la révolution brabançonne, puis passa dans la Légion belge (1792), il passa à la 8e demi-brigade légère de première formation où il s’illustra (1794), fut ensuite chevalier de la Légion d’honneur.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 530.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 512.

[3] Journal Militaire de 1793, p. 788.

[4] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 531.