2e bataillon de chasseurs belges

jemappes-6-novembre-1792

2ème bataillon des chasseurs belges :

 

Date de formation : 12 avril 1792.

Formation :

Le maréchal Rochambeau autorisa sa levée dès le 12 avril 1792, dans la cité de Lille. Il devait être composé de cinq compagnies de 100 hommes (bataillon de la Légion des Belges et Liégeois). Il fut commandé par le commandant Emmanuel Dinne.

 

Uniforme :

« Au 2e de chasseurs, les officiers étaient habillés selon le règlement qui comportait un habit veste et un pantalon de drap vert, un casque et des bottines »[1].

 

Historique :

1793 :

Il servait à l’armée du général Dumouriez le 1er mars. Avec le 1er bataillon, il faisait partie de l’avant-garde de l’armée (939 hommes), avant-garde du général Berneron, pendant l’expédition de Hollande[2]. Le 7 avril, il fut passé en revue par le général Rosières à Valenciennes, ne comprenant plus que 28 officiers, 38 sous-officiers, 4 tambours et 20 chasseurs[3]. Le 30 juillet, il se trouvait en garnison à Maubeuge, avec un effectif de 58 hommes[4]. Les 15 et 16 octobre, il combattit à la bataille de Wattignies dans les rangs de la division Duquesnoy.

Il fut versé en novembre 1793, à Péronne, dans le 5ème bataillon des tirailleurs belges[5].

État-major :

Adjudant-major : Coquinot,

Capitaine-quartier-maître : Nicolas Dehault,

Chirurgien-major : Moucheur,

Capitaines : Thuriaux, Capelle, Stoefs, Vandaele, Lecomte, Monet, Picquet,

Lieutenants : Vernemmen, Ducarrouge, Bodin, Beywit, Antoine Piérard, Jérôme Dehault et Van Cutsem,

Sous-lieutenants : Lebrun, Mannié, Crépin, Cornesse, O’Born, Dervillé, Jacobs et Moucheur.

Portraits :

Léandre Bouvé, volontaire au 2e bataillon, condamné à mort comme déserteur, à Ypres, le 1er juillet 1794).

 

Emmanuel-Joseph Dinne, né à Namur en 1765, ancien aide de camp de Vander Mersch, secrétaire à Paris des exilés belges, réfugié en France à la défaite des patriotes belges (1790), il publia à Lille, un Mémoire justificatif sur les événements de la Révolution brabançonne, il se rendit à Paris et devînt un des membres actifs du Comité belge, capitaine dans la Légion belge (1792), s’illustra particulièrement à la bataille de Jemappes (6 novembre), colonel du 2e bataillon de chasseurs (1793), il fut envoyé en Vendée mais se signala par des actes d’humanité qui allaient à l’encontre des ordres qui furent donnés dans l’année 1793 et 1794. Toujours à l’armée de l’Ouest, il fut tué près de Nantes par les insurgés, en 1796.

Charles-Joseph baron Evers, né à Bruxelles le 8 mai 1773. Entra au service de la France comme lieutenant au 1er bataillon des chasseurs belges (15 juillet 1792). Il servit à l’armée du Nord de 1792 à 1796. Nommé capitaine au 2ème bataillon de chasseurs belges (1er septembre), il fut blessé d’un coup de sabre sur la tête et d’un coup de feu à la jambe droite en passant la Lys à la nage (6 septembre 1796). Chef d’escadron au 17ème de chasseurs à cheval (1er septembre 1793), il passa lors du licenciement des troupes belges, chef d’escadron adjoint au 5ème régiment de hussards (22 février 1795). Il servit ensuite aux armées de Sambre et Meuse, de Rhin et Moselle, du Danube et du Rhin de 1795 à 1801. Il se signala à l’avant-garde de Jourdan lors de la prise de Königsberg (20 mars 1799), puis lors de la retraite (28 mars). Chef d’escadrons titulaire au 5ème de hussards (mai 1799), il servit à Saint-Blaise (29 avril 1800), à Engen (3 mai), au combat d’Ulm (5 juin) et dans un combat contre les manteaux rouges (19 décembre). Servit sous Mortier au Hanovre (1803), nommé colonel des chasseurs à cheval de la légion Hanovrienne (24 octobre). Noté par le général Pelletier en 1805 : « Bon officier, servant avec zèle, possédant de l’esprit de détail d’un corps, d’une reconduite recommandable et beaucoup d’intelligence ». Chevalier du Mérite de Hollande (janvier 1807), il servit ensuite en Espagne sous Beaumont de Carrière (novembre 1808). Rentra en France pour raisons de santé (avril 1810), il fut nommé général de brigade en mars 1812, employé dans la 17ème division militaire, commandant l’île de Gorée. Appelé à la Grande Armée, il fut placé à la suite de l’Etat-major et employé à la réserve de cavalerie en Russie. Resta malade à Königsberg, il fut fait prisonnier (5 janvier 1813). Rentra en France (juin 1814), nommé chevalier de Saint-Louis (juillet), lieutenant-général honoraire, il donna sa démission du service de la France, démission acceptée (6 septembre). Il entra ensuite dans l’armée des Pays-Bas comme lieutenant-général inspecteur général de cavalerie. Officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de Guillaume des Pays-Bas. Il mourut au Château de Jambes près de Namur, le 9 août 1818.

Charles Jacobs, né à Bruxelles, le 30 octobre 1773, s’enrôla à la Légion des Belges et Liégeois, sergent (octobre 1792), sous-lieutenant au 2e bataillon de chasseurs.

Martin Lebrun, originaire d’Hesse-Cassel, enrôlé à 23 ans comme grenadier, au 1er bataillon de Paris (21 juillet 1791), sergent-major au 2e bataillon belge (7 février 1793), blessé près de Louvain, licencié en 1795.

Pierre Lejeune, ancien soldat de l’armée patriote belge, nommé capitaine dans la Légion belge (15 juillet 1792), lieutenant-colonel (octobre), toujours chef de bataillon au 2e belge au 24 avril 1793.

Marie-Jeanne Schelling, née à Gand vers 1757, elle s’engagea dans le 2ème bataillon de chasseurs belge (15 avril 1792). Nommée caporal (15 juin), elle reçut six coups de sabre à la bataille de Jemappes, fut nommé sergent (7 décembre 1793). Elle fit les campagnes de 1792 à 1795, à l’armée du Nord et de Belgique, puis en Hollande. Elle servit ensuite en Italie de 1796 à 1804. Elle fut citée à l’ordre du jour de la bataille d’Arcole (novembre 1796), mais elle fut faite prisonnière de guerre (3 mars 1797). Elle ne rentra en France que le 11 juin 1798. Elle servit ensuite à la Grande Armée en Autriche, en Prusse et en Pologne de 1805 à 1807. Elle fut blessée d’un coup de feu à la cuisse gauche à la bataille d’Austerlitz, puis à Iéna. Nommée sous-lieutenant (9 janvier 1806). Elle demanda sa retraite, qu’elle obtint à Venise (1808). En 1809, elle obtint également le 20 juin, une pension de retraite. Elle se retira dans sa ville natale, où elle mourut en 1840, à l’âge vénérable de 83 ans. Elle avait épousé Pierre-Paul Steenbrugghe également natif de Gand. Elle avait été blessée au cours des campagnes de la Révolution à treize reprises.

Joseph Van Cutsem, né à Bruxelles, le 8 février 1773, servit au régiment d’Anvers, devint capitaine dans la Grande Armée, il fut tué le 25 février 1809, en Espagne, au combat de Vals.

 

Yves-Benoît Vandaele, ancien soldat de l’armée révolutionnaire brabançonne, nommé lieutenant à la Légion des Belges et Liégeois (28 août 1792), capitaine (1er novembre).

Article de Laurent B.

sehri

[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 509.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 456.

[3] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 529.

[4] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 512.

[5] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 742.

Publicités