1er bataillon de tirailleurs (belges)

tirailleur-belge-1794

1er bataillon des tirailleurs belges :

 

Date de formation : 24 janvier 1794.

 

Formation :

Il fut formé avec le 1er bataillon de chasseurs de Gand, le 2ème d’infanterie légère belge et la Légion Liégeoise[1]. L’opération eut lieu à Péronne en novembre 1793. Il était commandé par Jardon.

Mais d’après Belhomme[2], l’ordre fut donné par le Comité de Salut Public en date du 10 novembre 1793, et ils furent dirigés sur Péronne où  la réorganisation ne se fit que le 13 février 1794. Il donne également une autre composition : 2ème bataillon de la Légion Liégeoise, 1er bataillon de chasseurs belges, 1er bataillon de Bruges et enfin du 1er bataillon de Namur.

Historique :

1794 :

En février, il était en mouvement et partit de Saint-Quentin pour rejoindre Aire où il arriva le 20 février[3].

Le 19 avril 1794, le bataillon fit partie de l’armée du Nord sous les ordres du général Pichegru, division du général Souham, brigade Jardon. Il y était encore le 3 juillet, même division avec un effectif de 848 hommes.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

Toujours d’après Belhomme, il fut incorporé le 20 juillet 1795, dans les rangs de la demi-brigade dite étrangère (issue d’une légion créée avec des Hollandais). Champeaux indique que le 1er bataillon de tirailleurs fut versé dans les rangs de la Légion franche étrangère (armée de l’Ouest, Irlande)[4]. Il s’agit en réalité de la même unité, la Légion franche étrangère devînt en effet, la demi-brigade dite étrangère.

2e formation :

La demi-brigade étrangère fut versée en seconde formation dans la 19e demi-brigade légère en 1799. Une autre source donne comme second amalgame, la 30e demi-brigade légère de seconde formation[5]. Il s’agit d’une confusion et probablement de la 30e demi-brigade légère de première formation. Cette source se contredit d’ailleurs plus loin et donne la date de 1796 et la 8e demi-brigade légère de seconde formation, chef de brigade Brun[6].

 

Portraits :

Lambert-René-Joseph Bailly, originaire de Lièges, il servit à la Légion liégeoise (1792-1793), commandant en second du 1er bataillon de tirailleurs, il fut tué à l’affaire de Roulers, le 13 juin 1794.

Gilles Bertrand, originaire de Spa, il servit dans la Légion liégeoise, passa dans le 1er bataillon de tirailleurs (1794), puis dans la 14e demi-brigade légère, blessé de deux coups de feu au passage du Wahal (11 janvier 1795), puis d’un coup de canon au passage de l’Aar (17 août 1799), retraité comme lieutenant (6 mars 1805).

Louis-Antoine-Vast-Vite Goguet, originaire d’Epinancourt, dans la Somme, lieutenant-colonel du 3e bataillon liégeois, chef de bataillon adjoint au 4e bataillon de tirailleurs (1794), commandant provisoire du 1er bataillon de tirailleurs (7 octobre 1794 au 17 avril 1795).

Etienne Gottmann, frère de Jean-Charles qui était commandant du régiment de Tournai, il servit comme officier dans le même régiment, le général Thiébault dans ses mémoires raconte :

« par suite de l’amalgame des bataillons d’origine belge avait été incorporé dans le 1er des cinq bataillons de tirailleurs, reçut au commencement de la bataille du 3 prairial, pendant la campagne de Pichegru, en 1794, un coup de biscaïen dans le côté gauche. Malgré le sang qu’il perdait et les souffrances que chaque pas renouvelait, on ne put obtenir de lui qu’il quittât le champ de bataille, quand on le pressait de se faire au moins panser, il répondait « l’ennemi en retraite suffit pour guérir ma blessure », sept heures après qu’il avait été blessé, on lui annonça la mort d’un capitaine du même bataillon auquel un boulet venait d’emporter la tête : « voilà comment je voudrais mourir » s’écrit-il, et son exclamation à peine proférée, il se trouva avoir subi le même genre de mort »[7].

 

François Jacob, originaire de Theux, capitaine à la Légion liégeoise (14 mars 1793), capitaine adjoint au 1er bataillon de tirailleurs à sa formation (23 janvier 1794).

Henri-Antoine Jardon, originaire de Verviers, commandant la Légion liégeoise (1er avril 1793), commandant du 1er bataillon de tirailleurs belges (26 janvier 1794), général de brigade (23 mars), employé à l’armée du Nord. Il poursuivit une carrière sous l’Empire, il fut mortellement blessé au combat de Negrelos, au Portugal, le 25 mars 1809. Macdonald disait de lui : « il joint à beaucoup de patriotisme une bravoure souvent éprouvée », Pichegru quant à lui déclarait : « brave officier, mais propre seulement au commandement d’un petit corps d’avant-garde », sa réputation était en effet celle d’un chef menant des coups de main, dépourvu en effet d’éducation et d’instruction ce qui mit un frein à son avancement. Il fut fait toutefois commandant de la Légion d’honneur (1804)[8].

 

Louis-Joseph Montigny, originaire de Lille, quartier-maître trésorier dans les chasseurs de Jemappes, passa avec ce grade dans le 1er bataillon des tirailleurs (23 janvier 1794).

 

François-Crescent Petel, né à Charly dans l’Aisne vers 1769, volontaire dans la Garde nationale parisienne (1789), caporal au 1er bataillon de Paris à sa formation, puis sergent-major (1er février 1793). Adjudant-major au 1er bataillon de réquisition de Château-Thierry (8 septembre), rentré comme sergent-major au 1er bataillon de Paris (15 février 1794), congédié (24 mars), ayant été nommé le 21 comme capitaine du 1er bataillon de tirailleurs. Capitaine de la 19ème demi-brigade légère (1799), il reçut la Légion d’honneur (1804). Chef de bataillon du 22ème léger (1807), major du 11ème léger (1812), blessé à Amstetten et à Leipzig, colonel du 75ème de ligne (1814). Il décida du succès à Saint-Dizier (27 janvier), en s’emparant du pont et en s’y maintenant de façon à faciliter le passage de l’armée. Retraité en 1821, employé à l’Etat-major de la 5ème légion de la Garde nationale de Paris (30 juillet 1830) par le gouvernement provisoire, commandant de la place de Givet et à nouveau en retraite en 1833. Il mourut le 26 mars 1848.

 

Joseph-Nicolas Sacré, originaire de Mons, capitaine à la 7e compagnie du 2e bataillon des chasseurs de Jemappes, Légion des Belges et Liégeois (22 février 1793), passa avec ce grade au 1er bataillon de tirailleurs, puis au 5e bataillon de tirailleurs.

Jean-Louis Sépulcre, originaire de Liège, officier ayant servi deux ans et demi, dans le régiment ci-devant Royal-Liégeois, au service de la France, puis dans les troupes des patriotes durant la Révolution brabançonne (1790), entra dans les rangs des troupes belges (décembre 1791), en France, chef de bataillon (10 janvier 1793), passa dans le 1er bataillon de tirailleurs.

 

François-Joseph-Léonard de Serret, né à Villers-Gambon, près de Givet, servit au régiment belge de Bruges et fut envoyé après la défaite de Neerwinden à Cassel, pour prendre le commandement de la place de Saint-Venant. Il commanda ensuite le camp de Wittecatte près d’Ypres, ensuite aux avant-postes de Bailleul, puis nommé à la tête du 1er bataillon de tirailleurs. Commandant des côtes de Blankenberghe (20 juillet 1795), sous les ordres du général Dubois, puis du général Desjardins, commandant temporaire de Bruges, nommé par Moreau (20 octobre), puis de Menin et Anvers, il fut réformé le 3 novembre 1798.

André Troyes, sous-lieutenant dans les chasseurs de Jemappes (1er ou 2e bataillon, légion des Belges et Liégeois), au 1er bataillon de tirailleurs, nommé par la commission de Versailles et envoyé au bataillon (7 février 1795).

Article de Laurent B., dessin de Didier Davin

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[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 741.

[2] Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tome 3 et 4.

[3] Journal Militaire de 1794.

[4] Champeaux, Etat militaire de la République française en l’an douze, 4e partie, p. 166.

[5] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 741.

[6] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 746.

[7] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 522.

[8] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 746.

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