1er bataillon de chasseurs belges

jemappes-6-novembre-1792

1er bataillon des chasseurs belges :

 

Date de formation : 12 avril 1792.

 

Formation :

Le maréchal Rochambeau autorisa sa levée dès le 12 avril 1792, dans la cité de Lille. Il devait être composé de cinq compagnies de 100 hommes (Légion des Belges et Liégeois).

Historique :

1792 :

Le bataillon et une partie de la Légion belge, participèrent au combat de Thulin les 3 et 4 novembre. Beurnonville lança à l’attaque une colonne avec les Belges et des hussards du régiment ci-devant de Chamborant. Ses troupes avec Beurnonville, passèrent l’Hogneau le 3 novembre dans la matinée et attaquèrent vers 11 heures, le village de Thulin. Ce dernier fut enlevé, mais les Belges continuèrent sur le moulin de Boussu et se retrouvèrent en fâcheuse posture « en l’air ». Ils furent chargés par les hussards de Blankenstein et refoulés en désordre, deux compagnies furent taillées en pièce, dont celle de Boubers qui fut tué ainsi que l’adjudant Senault. La légion fut dégagée par une charge menée par Frégéville à la tête des hussards de Chamborant et échappa ainsi à la destruction complète. Beurnonville dut abandonner le terrain conquis et se replier sur l’abbaye de Crespin au sud de l’Hogneau[1].

1793 :

Il servait à l’armée du général Dumouriez le 1er mars. Avec le 2ème bataillon, il faisait partie de l’avant-garde (939 hommes) du général Berneron pendant l’expédition de Hollande[2]. Le 30 juillet, il se trouvait au camp de la Madeleine, avec un effectif de 385 hommes[3].

Il fut versé en novembre 1793 à Péronne, dans le 2ème bataillon des tirailleurs belges.

Portraits :

Boubers, chef de compagnie au 1er bataillon de la Légion belge, il se trouva avec sa compagnie au combat du moulin du Boussu, alors que Senault porta l’ordre aux troupes belges de se replier du moulin de Boussu, position en l’air qui fut assaillie et entourée par les hussards de Blankenstein, la compagnie Boubers de la Légion belge perdit son chef et la moitié de son effectif en se défendant avec le courage du désespoir. Senault fut sabré durant l’affaire. Boubers frappé de cinq coup de sabre, fut transporté à Mons par les Autrichiens qui l’avait fait prisonnier, il mourut bientôt de ses blessures, le 7 novembre 1792.

Charles-Joseph baron Evers, né à Bruxelles le 8 mai 1773. Entra au service de la France comme lieutenant au 1er bataillon des chasseurs belges (15 juillet 1792). Il servit à l’armée du Nord de 1792 à 1796. Nommé capitaine au 2ème bataillon de chasseurs belges (1er septembre), il fut blessé d’un coup de sabre sur la tête et d’un coup de feu à la jambe droite en passant la Lys à la nage (6 septembre 1796). Chef d’escadron au 17ème de chasseurs à cheval (1er septembre 1793), il passa lors du licenciement des troupes belges, chef d’escadron adjoint au 5ème régiment de hussards (22 février 1795). Il servit ensuite aux armées de Sambre et Meuse, de Rhin et Moselle, du Danube et du Rhin de 1795 à 1801. Il se signala à l’avant-garde de Jourdan lors de la prise de Königsberg (20 mars 1799), puis lors de la retraite (28 mars). Chef d’escadrons titulaire au 5ème de hussards (mai 1799), il servit à Saint-Blaise (29 avril 1800), à Engen (3 mai), au combat d’Ulm (5 juin) et dans un combat contre les manteaux rouges (19 décembre). Servit sous Mortier au Hanovre (1803), nommé colonel des chasseurs à cheval de la légion Hanovrienne (24 octobre). Noté par le général Pelletier en 1805 : « Bon officier, servant avec zèle, possédant de l’esprit de détail d’un corps, d’une reconduite recommandable et beaucoup d’intelligence ». Chevalier du Mérite de Hollande (janvier 1807), il servit ensuite en Espagne sous Beaumont de Carrière (novembre 1808). Rentra en France pour raisons de santé (avril 1810), il fut nommé général de brigade en mars 1812, employé dans la 17ème division militaire, commandant l’île de Gorée. Appelé à la Grande Armée, il fut placé à la suite de l’Etat-major et employé à la réserve de cavalerie en Russie. Resta malade à Königsberg, il fut fait prisonnier (5 janvier 1813). Rentra en France (juin 1814), nommé chevalier de Saint-Louis (juillet), lieutenant-général honoraire, il donna sa démission du service de la France, démission acceptée (6 septembre). Il entra ensuite dans l’armée des Pays-Bas comme lieutenant-général inspecteur général de cavalerie. Officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de Guillaume des Pays-Bas. Il mourut au Château de Jambes près de Namur, le 9 août 1818.

Jean-Pierre Lemaire, chasseur au 1er bataillon, condamné à mort comme émigré par la commission militaire de Bruxelles, le 28 août 1794.

Adam de Schramm, né à Beinhem dans le Bas-Rhin en 1760. Soldat au régiment suisse ci-devant de Diesbach, puis capitaine à l’armée du Nord, il fut des hommes qui s’emparèrent du moulin de Boussu et bousculèrent une cinquantaine de défenseurs armés de deux canons. Il fut bientôt cerné par plusieurs centaines d’Autrichiens, sa compagnie fut taillée en pièce et il fut laissé pour mort sur le champ de bataille. Il fut par la suite général de division.

Senault, originaire de Mons, ancien volontaire dans la Marine française, il eut le bras gauche emporté lors d’un combat sur la frégate Le Robecq en combattant les Anglais (24 avril 1782), adjudant au 1er bataillon de la Légion belge (1792), adjoint à l’Etat-major (4 novembre), il porta l’ordre aux troupes belges de se replier du moulin de Boussu, position en l’air qui fut assaillie et entourée par les hussards de Blankenstein. La compagnie Boubers de la Légion belge perdit son chef et la moitié de son effectif en se défendant avec le courage du désespoir. Senault fut sabré durant l’affaire.

Article de Laurent B.

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[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 325.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 456.

[3] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome 2, p. 512.

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